La Nouvelle Orléans portera longtemps les marques de l'ouragan Katrina. C’était en août 2005. Tous les habitants de cette ville s’en souviennent, ou plutôt tous les survivants qui n’ont pu partir. Ce fût une catastrophe sans précédent pour la Louisiane. Une région dévastée, une économie à genou,
plus d’un millier de morts… Les faits sont tragiques. Nous voulions absolument visiter ce lieu, jadis paradis touristique, qui tente aujourd’hui de survivre à l’enfer.
Récit d’une étape étrange, histoire d’une ville tournée vers le futur mais marquée par son passé.
Sur les routes de Louisiane, nous avions prévu d’arriver à destination vers la mi-journée. Le climat, fort capricieux, nous a mis dans l’ambiance. En effet, nous avons essuyé deux tempêtes relativement puissantes. Le panneau « Welcome to New-Orleans » au premier plan, la foudre déchirant un ciel noir et menaçant au second: le décor était planté…
« Oublions le passé, célébrons l’avenir »
Arrivés au centre-ville, proche du « Vieux Carré » (le poumon touristique, qui avait été relativement épargné il y a quatre ans), l’orage était passé, nous pouvions commencer notre visite. Au cours de cette journée, nous avons pu voir les deux visages de La Nouvelle Orléans. Les commerçants du « Vieux Carré » essaient tant bien que mal de relancer l’économie locale, d’attirer à nouveau les touristes qui venaient si nombreux auparavant. Dans les rues, une cacophonie jouissive nous envoute, dans les bars, des concerts de rock ou de jazz entretiennent une ambiance festive, presque
insouciante. « Oublions le passé, célébrons l’avenir » a-t-on l’impression d’entendre. Oublier est la seule solution pour vivre à nouveau.
Il faut le savoir, plus de la moitié des habitants ont fuit à cause de Katrina, et ne sont jamais revenus ! Réécrire l’histoire ou jeter l’opprobre sur les acteurs de l’époque n’est pas le propos de ce dossier. On connaît les manquements du gouvernement et le retard évident des secours. Pourtant, dans un si grand pays, bien que fédéral, avec des climats si disparates, l’organisation en cas de catastrophe naturelle est
sans aucun doute plus compliquée qu’en France par exemple. Fermons cette parenthèse.
C’est en se promenant dans d’autres quartiers que l’on a le sentiment d’être dans une ville fantôme. Des immeubles déserts, abandonnés, des quartiers détruits,
l’apocalypse a bien eu lieu. Cette désolation tranche littéralement avec le centre touristique et elle fait froid dans le dos. Difficilement imaginable pour nous en France, les Etats-Unis peuvent accoucher de villes abandonnées.
Que reste-t-il de cette journée ? L’impression que la toute puissante Amérique peut être bien fragile. La population de La Nouvelle Orléans, en grande majorité noire et pauvre, a été livrée à elle-même. Cette tragédie
transpire les inégalités riches-pauvres, une nouvelle fois…